GAZETTE 012 - Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l'art déco.

 BREAKING NEWS


N’012 – 26 Juillet, 2026


La Gazette des Expos



La piscine de roubaix

COLLECTION TEMPORAIRE


Avec l'exposition Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l'Art déco, La Piscine de Roubaix remet en lumière une artiste majeure du XXe siècle, longtemps restée dans l'ombre de l'histoire de l'art. À l'occasion du centenaire du premier Grand Prix de Rome attribué à une femme peintre, le musée retrace le parcours exceptionnel d'Odette Pauvert (1903-1966), première lauréate de cette prestigieuse distinction en 1925.

Le parcours suit l'évolution de son œuvre, depuis 
ses années de formation aux Beaux-Arts de Paris 
jusqu'à son séjour à la Villa Médicis à Rome, où 
elle développe un style inspiré des maîtres de la
 Renaissance italienne. Peintures monumentales, 
portraits, paysages, dessins et esquisses dévoilent 
une artiste animée par une ambition rare : faire de 
la peinture décorative un art majeur.



NOTRE AVIS : 

Notre avis sur cette exposition est très positif. Nous avons particulièrement apprécié la volonté de mettre en lumière une artiste femme, dont le parcours et le talent méritent d'être redécouverts. Cette démarche est à la fois enrichissante et essentielle pour mieux comprendre l'histoire de l'art. La scénographie constitue également l'un des grands points forts de l'exposition : elle met les œuvres en valeur avec élégance et accompagne le visiteur tout au long du parcours, rendant la découverte encore plus immersive.

N’012 – 26 Juillet, 2026

Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l'Art déco




Mur de paysage, Odette Pauvert, La Piscine de Roubaix ©Photographie de l’auteur

ODETTE PAUVERT : REDONNER UNE PLACE À UNE ARTISTE OUBLIÉE

L'exposition met également en évidence les obstacles rencontrés par les femmes artistes au début du XXe siècle. Malgré une carrière brillante, le mariage, la Seconde Guerre mondiale puis l'essor des avant-gardes éloignent progressivement Odette Pauvert de la scène artistique. Son œuvre, profondément attachée au classicisme et à l'esthétique Art déco, tombe peu à peu dans l'oubli. Cette rétrospective offre ainsi l'occasion de redécouvrir une peintre dont le talent mérite aujourd'hui d'être pleinement reconnu.

Grâce à des prêts exceptionnels provenant des Beaux-Arts de Paris, de la Villa Médicis et de collections particulières, le visiteur découvre des œuvres rarement présentées au public. La scénographie accompagne cette redécouverte en mettant en valeur les grands formats, les compositions décoratives et le sens de la couleur qui caractérisent le travail de l'artiste.

À travers Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l'Art déco, La Piscine ne célèbre pas seulement une peintre talentueuse ; elle invite également à porter un nouveau regard sur la place des femmes dans l'histoire de l'art. Une exposition qui rappelle que de nombreuses artistes, pourtant reconnues en leur temps, attendent encore d'être redécouvertes.


QUESTIONS/RÉPONSES SUR L'EXPOSITION

Qui était Odette Pauvert ?
Odette Pauvert (1903-1966) est une peintre française. En 1925, elle devient la première femme à remporter le prestigieux Grand Prix de Rome de peinture, une distinction jusque-là réservée aux hommes.

Pourquoi son nom est-il si peu connu aujourd'hui ?
Malgré un début de carrière prometteur, son œuvre est progressivement tombée dans l'oubli. Les bouleversements du XXe siècle, l'évolution des courants artistiques et la faible reconnaissance accordée aux femmes artistes ont contribué à effacer son nom de l'histoire de l'art.

Qu'est-ce que le Grand Prix de Rome ?
Créé au XVIIe siècle, le Grand Prix de Rome récompensait les meilleurs jeunes artistes français. Les lauréats obtenaient une bourse leur permettant de séjourner plusieurs années à la Villa Médicis, à Rome, afin de poursuivre leur formation.

Qu'est-ce que l'Art déco ?
L'Art déco est un mouvement artistique apparu dans les années 1920. Il se caractérise par des formes élégantes, des lignes géométriques, des compositions équilibrées et un goût pour les matériaux raffinés.



Fragment d’Oeuvre

Odette Pauvert. 
La peinture pour ambition au temps de l’Art déco.


Femme portant un bât, Odette Pauvert,
 huile sur toile, 1926-1929, La Piscine de Roubaix,
 ©Photographiedel’auteur

Femme portant un bât

Odette Pauvert, huile sur toile, 1926-1929

Réalisée lors du séjour d'Odette Pauvert à la Villa Médicis, entre 1926 et 1929, Femme portant un bât illustre l'intérêt de l'artiste pour les scènes de la vie quotidienne italienne. Première femme à remporter le Grand Prix de Rome de peintureen 1925, Pauvert découvre en Italie une lumière, des paysages et une culture qui marquent profondément son œuvre.


La composition représente une femme de dos, portant un bât sur
 ses épaules, devant une ville perchée aux teintes chaudes. Les 
maisons aux façades ocres contrastent avec le bleu intense du 
ciel et le vert des jardins qui s'étendent au premier plan. La
 silhouette monumentale de la jeune femme occupe presque
 toute la toile, faisant d'elle le véritable sujet de l'œuvre. 
Son geste, simple et quotidien, évoque le travail, mais aussi la 
dignité de celles qui participent à la vie rurale.


Femme portant un bât, Odette Pauvert, 
huile sur toile, 1926-1929, La Piscine de Roubaix, 
©Photographie de l’auteur
Par son dessin précis et ses larges aplats de couleurs, Odette Pauvert s'éloigne du naturalisme académique pour adopter une écriture plus synthétique, influencée par les fresques de la Renaissance italienne. Les formes sont simplifiées, les volumes solidement construits et la palette lumineuse confère à la scène une impression de calme et d'intemporalité. Cette évolution stylistique caractérise les œuvres réalisées pendant son séjour romain.

À travers Femme portant un bât, Odette Pauvert ne cherche pas seulement à représenter un paysage ou une scène de genre. Elle rend hommage à la force tranquille du monde rural et à la beauté des gestes ordinaires, transformant une scène du quotidien en une image empreinte de noblesse et de sérénité.






Focus Scénographie

Odette Pauvert. 
La peinture pour ambition au temps de l’Art déco.


Plonger dans l’espace

Morceaux de l’exposition, Odette Pauvert
. La peinture pour ambition au temps de l’Art déco,
 Piscine de Roubaix,, ©Louvrepourtous

Présentée au La Piscine Musée d'art et d'industrie André Diligent, l’exposition Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l’Art déco adopte une scénographie sobre et raffinée qui laisse toute la place à l'œuvre de l'artiste. Sans recourir à des dispositifs immersifs spectaculaires, le parcours privilégie une présentation épurée où les peintures, dessins et archives deviennent les véritables protagonistes de la visite. Ce parti pris est particulièrement cohérent avec l'univers d'Odette Pauvert, dont la peinture se caractérise par un équilibre entre classicisme et esthétique Art déco.

L'un des points forts de cette scénographie est sa lecture chronologique et thématique. Le visiteur suit progressivement l'évolution de la carrière d'Odette Pauvert, depuis sa formation aux Beaux-Arts jusqu'à ses années passées à la Villa Médicis, puis à son ambition pour le grand décor et aux dernières décennies de sa carrière. Cette organisation permet de comprendre non seulement l'évolution de son style, mais aussi les 
obstacles rencontrés par une femme artiste dans la
 première moitié du XXe siècle.

Les archives au cœur de la scénographie
 : raconter l’artiste autant que son œuvre

L'un des aspects les plus intéressants de la scénographie de Odette Pauvert. La peinture pour ambition au temps de l'Art déco est la place accordée aux archives, photographies et documents d'époque. Loin d'être de simples compléments, ces éléments rythment le parcours et permettent de mieux comprendre la carrière de cette artiste longtemps restée dans l'ombre. Diplômes, photographies, documents liés au Grand Prix de Rome ou à la Villa Médicis accompagnent les tableaux et replacent chaque œuvre dans son contexte historique. Cette mise en dialogue entre les créations et les archives transforme la visite en un véritable récit biographique.


Ce choix scénographique est particulièrement pertinent, car il rappelle que l'exposition ne cherche pas uniquement à présenter de belles peintures, mais aussi à redonner une place à une artiste oubliée de l'histoire de l'art. En découvrant simultanément les œuvres et les traces de son parcours, le visiteur comprend les étapes de sa formation, ses succès, ses ambitions et les obstacles qu'elle a rencontrés.

 


Dans les coulisses de la scénographie



Scénographie d’exposition, Odette Pauvert. 
La peinture pour ambition au temps de l’Art déco, 
©Louvrepourtous

UNE SCÉNOGRAPHIE ÉLÉGANTE AU SERVICE DE L’ŒUVRE D’ODETTE PAUVERT

La scénographie joue également sur une mise à distance mesurée des œuvres. Les tableaux disposent de suffisamment d'espace pour être observés individuellement, sans être noyés dans un accrochage trop dense. Cette respiration entre les œuvres favorise une contemplation attentive et met en valeur la richesse des compositions, des couleurs et des influences italiennes qui traversent la peinture d'Odette Pauvert.

Les archives, photographies et documents viennent ponctuer le parcours sans en perturber la lecture. Ils apportent un contexte historique essentiel tout en restant au service des œuvres. Cette alternance entre peintures et documents permet de mieux comprendre le parcours exceptionnel de la première femme lauréate du Grand Prix de Rome en peinture, sans détourner le regard de sa production artistique.

Enfin, la scénographie entretient un dialogue naturel avec les espaces de La Piscine. Les cimaises et les couleurs retenues restent discrètes afin de mettre en avant les œuvres et leurs tonalités, tout en s'intégrant harmonieusement à l'architecture du musée. L'ensemble offre une visite fluide, élégante et accessible, où la mise en scène accompagne le récit sans jamais prendre le pas sur les tableaux.

Cette sobriété constitue finalement la principale réussite de la scénographie : elle permet au visiteur de redécouvrir Odette Pauvert à travers ses œuvres, en laissant parler la peinture elle- même. L'exposition démontre ainsi qu'une scénographie maîtrisée n'a pas besoin d'être spectaculaire pour être efficace ; elle peut simplement guider le regard et servir le propos scientifique avec justesse.

QUESTIONS/RÉPONSES SUR LA SCÉNOGRAPHIE

Pourquoi la scénographie est-elle volontairement sobre ?
La scénographie laisse toute la place aux œuvres d'Odette Pauvert. En évitant les dispositifs spectaculaires, elle permet au visiteur de se concentrer sur la richesse des compositions, des couleurs et du travail pictural de l'artiste.

Quel rôle jouent les archives dans la scénographie ?
Les photographies, lettres, documents officiels et archives replacent les tableaux dans leur contexte historique. Ils permettent de découvrir non seulement les œuvres, mais aussi le parcours exceptionnel de la première femme à remporter le Grand Prix de Rome en peinture.

Pourquoi cette scénographie semble-t-elle si classique ?
Ce choix reflète directement l'univers artistique d'Odette Pauvert. Son œuvre, attachée au grand décor et à une peinture figurative, est mise en valeur par une présentation élégante qui respecte son esthétique.

Que retient-on finalement de la scénographie de cette exposition ?
Une scénographie élégante, discrète et très lisible, qui accompagne le regard sans jamais l'imposer. Grâce à un parcours chronologique, à un accrochage aéré et à une utilisation pertinente des archives, elle permet de redonner toute sa place à l'œuvre d'Odette Pauvert et de mieux comprendre son ambition artistique.


Fragment d’Oeuvre

Odette Pauvert. 
La peinture pour ambition au temps de l’Art déco.




Psyché s’éveillant sur la montagne,
Odette Pauvert, huile sur toile, 1936,
La Piscine de Roubaix, ©Photographie de l’auteur
Psyché s’éveillant sur la montagne
Odette Pauvert, huile sur toile, 1936


Avec Psyché s’éveillant sur la montagne, Odette Pauvert puise dans la mythologie antique pour offrir une vision empreinte de poésie et de délicatesse. Réalisée en 1936, cette grande toile témoigne de la maîtrise de l'artiste dans l'art de la figure, où l'héritage classique se mêle à la sensibilité décorative de l'entre-deux-guerres. Cette œuvre compte parmi les réalisations majeures de sa carrière et a notamment été présentée lors de la rétrospective que lui a consacrée le musée La Piscine de Roubaix.

Au centre de la composition, Psyché apparaît dans une longue robe claire, les bras levés dans un geste gracieux. Une couronne de fleurs orne sa chevelure tandis que des papillons semblent virevolter autour d'elle. À l'arrière-plan, 
un paysage vallonné s'étend jusqu'à l'horizon, dominé par 
un ciel aux nuages mouvants. Des putti, discrètement installés 
derrière la jeune femme, renforcent l'atmosphère onirique de la scène.

Psyché s’éveillant sur la montagne,
 Odette Pauvert, huile sur toile, 1936,
 La Piscine de Roubaix, ©Photographie de l’auteur

Le
 
personnage de Psyché, dont le nom signifie également « âme » en grec, symbolise la renaissance, l'amour et l'élévation spirituelle. Odette Pauvert ne représente pas ici un épisode spectaculaire du mythe, mais un instant suspendu, celui du réveil. La douceur des couleurs, la finesse des drapés et l'équilibre de la composition confèrent à l'ensemble une impression de calme et d'harmonie.

À travers cette œuvre, Odette Pauvert affirme son goût pour les grands sujets allégoriques et décoratifs. Fidèle à une tradition classique tout en y apportant une sensibilité moderne, elle compose une image où la beauté du corps, la nature et le symbole s'unissent dans une même célébration de l'idéal.




Les Coups de cœur de la Gazette

Odette Pauvert. 
La peinture pour ambition au temps de l’Art déco.

N’1


Vues des environs de Saint-Pierre-Quiberon
, Odette Pauvert, huiles sur panneaux, 1923, 
La Piscine de Roubaix, © Photographie de l’auteur

Vues des environs de Saint- Pierre-Quiberon

Odette Pauvert, 1923, huiles sur panneaux

Réalisées en 1923, ces quatre Vues des environs de Saint- Pierre-Quiberon témoignent de l'attachement d'Odette Pauvert aux paysages bretons, où sa famille séjourne régulièrement. La presqu'île de Quiberon constitue alors une source d'inspiration majeure pour l'artiste, qui y peint la mer, les ports et les variations de lumière caractéristiques de la côte atlantique.

Présentés sous la forme de petits panneaux, ces paysages ressemblent à des carnets de peinture réalisés sur le motif. Chaque vue saisit un instant différent : un rivage baigné d'une lumière diffuse, quelques embarcations immobiles dans un port, une étendue d'eau aux reflets changeants ou encore un horizon où ciel et mer semblent se confondre. Loin des grandes compositions académiques, 
Odette Pauvert privilégie ici une peinture rapide et spontanée, 
attentive aux nuances de couleur et aux effets atmosphériques.

Vues des environs de Saint-Pierre-Quiberon, 
Odette Pauvert, huiles sur panneaux, 1923, 
La Piscine de Roubaix, © Photographie de l’auteur
La touche est libre, les formes volontairement simplifiées et les couleurs délicatement harmonisées. Les bleus, les verts et les ocres se répondent pour traduire l'ambiance paisible des côtes bretonnes. Cette série révèle une facette plus intime de l'artiste, qui s'autorise une grande liberté d'exécution et cherche avant tout à restituer une impression fugace plutôt qu'un paysage minutieusement détaillé.

À travers ces Vues des environs de Saint-Pierre-Quiberon, Odette Pauvert démontre que son talent ne s'exprime pas uniquement dans les grandes scènes mythologiques qui ont fait sa renommée. Ces petits formats offrent un regard sensible sur la Bretagne, où la lumière, la mer et le silence deviennent les véritables sujets de la peinture. Ils témoignent également du lien profond qui unissait l'artiste à Saint-Pierre-Quiberon, lieu de villégiature et d'inspiration tout au long de sa carrière.






Artiste de Demain

LadyArse - Une palette 
de femmes aux mille visages




Série Femme, acrylique sur toile, journaux collage 2022, ,©LadyArse

À travers sa série de peintures, LadyArse célèbre la figure féminine en s'éloignant des représentations traditionnelles. Son travail explore la diversité des femmes, non seulement par leurs expressions et leurs personnalités, mais aussi par une palette de couleurs audacieuse qui rompt avec les codes habituels.

Les visages peints par l'artiste se parent de bleu, de rose, d'orange ou encore de vert. Loin d'être de simples choix esthétiques, ces couleurs donnent à chaque portrait une identité propre et invitent le spectateur à dépasser l'apparence pour s'intéresser à ce qui fait l'unicité de chaque femme représentée.


Table de recherche, 
acrylique sur toile, journaux collage 
2022, ,©LadyArse

 Bien que chaque œuvre possède son caractère, toutes appartiennent à une même série. Ensemble, elles forment un dialogue où les différences deviennent une richesse. Chaque toile raconte une histoire singulière, mais c'est leur réunion qui révèle toute la force du projet artistique de LadyArse : montrer que la pluralité des identités féminines compose un ensemble cohérent, où chaque individualité trouve sa place.

 Par un jeu de contrastes, de regards et de couleurs, l'artiste invite le visiteur à porter un regard nouveau sur le portrait. Les teintes inhabituelles brouillent les repères et rappellent que l'identité ne se résume ni à une couleur de peau, ni à des codes esthétiques établis. Elles deviennent un langage artistique, libre et expressif, qui met en lumière la personnalité plutôt que le réalisme.


Femme d’une vie orange, 
série Femme, 
acrylique sur toile, journaux collage 
2022, ,©LadyArse
Avec cette série, LadyArse propose une vision sensible et contemporaine de la femme. Ses peintures célèbrent à la fois les différences et ce qui nous rassemble, offrant une réflexion sur l'individualité, la diversité et la beauté de chaque visage.







Rencontre avec l'artiste



La Déesse Bleu, série Femme, acrylique sur toile, journaux collage 2022, ,©LadyArse



Avez-vous toujours peint des portraits ou avez-vous exploré d'autres sujets auparavant ?
LA : Il fut un temps où les décors, la nature et les dragons occupaient une place centrale dans mon travail artistique. Avant la série Femmes, j'avais développé une première série consacrée à la nature. J'y représentais principalement des fleurs, en intégrant des éléments naturels tels que des feuilles et des fleurs fanées, afin d'explorer leurs textures, leurs formes et leur beauté éphémère.

Êtes-vous autodidacte ou avez-vous suivi une formation ?
LA : J'ai commencé à développer ma pratique artistique de manière autodidacte. En intégrant une licence en arts plastiques, je pensais pouvoir approfondir davantage mon travail et enrichir ma démarche artistique. Cependant, cette expérience n'a pas répondu à mes attentes. Avec le recul, je considère donc que mon parcours et ma pratique se sont principalement construits en autodidacte.

Comment décririez-vous votre univers artistique ?
LA : Mon univers artistique est avant tout empreint de fantastique. Il prend vie à travers les personnages que je crée et les histoires qui les accompagnent. Dans ma série Femmes, chacune des figures représentées porte en elle une dimension fantastique, qu'elle soit suggérée par les couleurs, l'atmosphère ou l'imaginaire qui l'entoure.

Qu'est-ce qui distingue, selon vous, votre travail de celui d'autres artistes ?
LA : Je ne cherche pas nécessairement à distinguer mon travail de celui des autres artistes. Ma pratique mêle la peinture et le collage, notamment à travers les fonds de mes œuvres, où j'intègre différentes matières et textures. Aujourd'hui, de nombreux artistes réalisent un travail remarquable, et je continue d'apprendre en observant leurs démarches. Je considère que mon parcours est encore en évolution et que chaque nouvelle œuvre me permet d'affiner mon langage artistique et de développer progressivement ma propre identité.

Quelle place occupent les couleurs dans votre processus de création ?
LA : La couleur est l'élément central de mon travail. Chaque teinte est associée à une femme, tandis que certains détails récurrents les lèvres, les yeux, les cils ou encore les bijoux, créent un fil conducteur entre les différentes œuvres de la série. J'aime l'idée que ces couleurs, souvent éloignées des carnations habituelles, comme le bleu ou le vert, ne renvoient à aucune identité précise. Elles permettent à chacun de se reconnaître dans ces portraits. À travers elles, je souhaite représenter toutes les femmes, dans leur diversité, ainsi que les émotions universelles qui les traversent.

Pourquoi avoir choisi les femmes comme thème central de cette série ?
LA : Je ne sais pas réellement pourquoi j'ai choisi de représenter des femmes. Peut-être est-ce une manière de rendre hommage aux femmes fortes qui ont marqué ma vie, ou de rappeler le courage et la résilience dont nous faisons preuve au quotidien.

Pourquoi était-il important pour vous que chaque œuvre soit unique tout en appartenant à une même série ?
LA :L'objectif est que ces différences composent une série dans laquelle chacun puisse se reconnaître. Bien que chaque femme possède sa propre identité, elles forment ensemble un tout. Elles sont à la fois différentes et profondément liées, comme les multiples facettes d'une même force. À travers cette série, je souhaite montrer que nos singularités nous distinguent, tout en nous réunissant dans une expérience humaine commune.

Comment naît une nouvelle peinture ?
LA : Il m'est difficile d'expliquer précisément comment naît chacune de mes peintures. Elles sont le résultat d'un assemblage d'impressions, de souvenirs et de détails qui me touchent. Il peut s'agir de l'éclat d'un regard, du sourire d'une visiteuse croisée sur mon lieu de travail, d'un trait de visage d'une amie ou encore d'une expression aperçue au détour d'un instant.

J'emprunte et rassemble ces fragments qui m'interpellent chez les femmes que je rencontre, que je connais ou que j'imagine. Il m'arrive même de rêver de certains visages et de les retranscrire ensuite sur la toile. Mes personnages ne sont donc jamais le portrait fidèle d'une seule personne : ils sont des figures composites, nées de multiples inspirations et de mon imaginaire.

Combien de temps vous faut-il pour réaliser une œuvre ?
LA : Cela dépend de chaque œuvre. Certaines peuvent être réalisées en deux jours, le temps de concevoir le croquis, d'effectuer mes essais de couleurs et de finaliser la peinture. D'autres, en revanche, me demandent un mois, voire deux. Le processus de création est rarement linéaire : les idées évoluent, des ajustements s'imposent et les choses ne se déroulent pas toujours comme je les avais imaginées. J'accepte ce temps de recherche, qui fait pleinement partie de ma démarche artistique.

Écoutez-vous de la musique ou avez-vous un rituel lorsque vous peignez ?
LA : Je n'ai pas de rituel très élaboré, mais j'ai mes petites habitudes. J'aime écouter une vidéo HVF de McSkyz tout en buvant une canette de Pepsi Mango ou de Coca-Cola Zéro. J'ai besoin d'un environnement calme et apaisé pour créer. Ce moment de tranquillité me permet de me concentrer pleinement et de laisser libre cours à mon imagination.

Quel message souhaitez-vous transmettre à travers cette série ?
LA :À travers cette série, j'espère transmettre toute l'admiration que je porte aux femmes. Je souhaite rappeler qu'elles occupent une place essentielle dans notre monde et qu'elles ne devraient jamais avoir peur d'exister pleinement. Mes œuvres célèbrent leur force, leur sensibilité et leur diversité. Elles sont une invitation à croire en soi, à reconnaître sa propre valeur et à comprendre que la véritable puissance naît de la confiance que l'on s'accorde.

Existe-t-il un projet ou un rêve artistique que vous aimeriez réaliser ?
LA : J'aimerais avant tout reprendre cette série. Je l'ai mise de côté en raison de mes études, qui ont occupé une grande partie de mon temps, mais elle reste un projet qui me tient profondément à cœur. J'espère pouvoir y revenir dans quelques années, lorsque j'aurai retrouvé le temps et la disponibilité nécessaires pour poursuivre cette recherche artistique et lui donner l'ampleur qu'elle mérite.

Y a-t-il une œuvre de la série qui vous touche particulièrement ? Pourquoi ?
LA : La Déesse Bleue est l'œuvre qui me touche le plus. J'ai le sentiment qu'elle sait. Elle dégage une forme de puissance presque divine, une assurance silencieuse qui donne l'impression qu'elle connaît déjà nos craintes, nos doutes et notre histoire. Son regard semble traverser celui du spectateur, comme si rien ne pouvait lui être caché. Il s'en dégage une sensation troublante, presque intimidante, où se mêlent fascination et impression d'être observé, voire jugé.

Si vous pouviez exposer vos œuvres n'importe où dans le monde, où serait-ce ?
LA :J'aimerais beaucoup avoir l'occasion d'exposer mon travail, que ce soit dans une galerie d'art ou dans un café. Les cafés occupent une place particulière dans mon processus de création : c'est souvent là que je réalise mes premiers croquis et que les idées prennent forme. Exposer dans un tel lieu aurait donc une véritable valeur symbolique pour moi, comme si mes œuvres retournaient à l'endroit où elles sont, en partie, nées.

Quelle œuvre aimeriez-vous que l'on retienne de votre carrière dans plusieurs années ?
LA : S'il ne devait rester qu'une seule œuvre de mon parcours, ce serait Les Ailes de l'Envol. Réalisée dans le cadre de mes études, elle demeure l'une des pièces les plus ambitieuses que j'aie créées. Avec ses six mètres de long pour la paire d’aile, elle représente un défi autant artistique que matériel.

Il m'arrive d'éprouver une certaine tristesse en les voyant aujourd'hui soigneusement rangées dans un grand sachet, dans mon garage. Faute d'espace, je ne peux malheureusement pas les exposer chez moi. Une œuvre de cette dimension trouve difficilement sa place dans un intérieur, mais j'espère qu'un jour elles pourront être déployées à nouveau et retrouver un lieu où elles pourront pleinement exister et être regardées.

Où imaginez-vous LadyArse dans cinq ans ?
LA : Dans cinq ans, j'aimerais avoir développé davantage ma pratique artistique et être reconnue comme une artiste émergente, avec la possibilité de recevoir des commandes et de partager mon travail avec un public plus large. J'aimerais également créer un espace d'échange autour de mon univers artistique, pourquoi pas à travers l'ouverture d'un « mail club » permettant de garder un lien privilégié avec les personnes qui suivent mon travail. Ce serait une manière de partager mes créations, mes inspirations et les différentes étapes de mon parcours artistique.

Que peut-on vous souhaiter pour la suite de votre aventure artistique ?
LA :Ce que l'on peut me souhaiter, c'est avant tout de continuer à faire vivre ma pratique artistique. J'espère retrouver pleinement l'envie de peindre, reprendre les séries que j'ai laissées de côté et peut- être en faire naître de nouvelles. Plus que tout, j'aimerais continuer à évoluer, à expérimenter et à laisser mon travail grandir au fil du temps, sans jamais perdre le plaisir de créer.



Galerie de l'artiste



La Fille en rose, 
série Femme, acrylique sur toile
, journaux collage 2022, ,©LadyArse

Découvrez, dans notre rubrique Galerie de l'artiste, quatre œuvres issues de la série Femme de LadyArse. À travers cette sélection, plongez dans un univers où chaque portrait affirme sa singularité tout en s'inscrivant dans une série profondément cohérente. Une invitation à découvrir les œuvres qui donnent vie à cette démarche artistique si chère au cœur de l'artiste.

La première œuvre présentée par LadyArse est La Fille en rose, une création réalisée à l'acrylique sur toile, intégrant des journaux en papier et des éléments de collage, datant de 2022.


L'artiste explique avoir conçu cette œuvre en s'inspirant de plusieurs de ses connaissances, tout en y associant la symbolique du personnage d'Elektra, issu de l'univers Marvel. Si, au départ, elle n'avait pas l'intention de créer une série, quelque chose s'est naturellement imposé au fil de la réalisation 
de cette première toile. C'est en donnant vie à La Fille en rose que l'idée 
d'un ensemble cohérent d'œuvres a commencé à émerger, marquant ainsi
le point de départ de la série Femme.

La Fille en rose, 
série Femme, acrylique sur toile
, journaux collage 2022, ,©LadyArse









La Déesse Bleu, série Femme
, acrylique sur toile, journaux collage 
2022, ,©LadyArse






La deuxième œuvre que nous dévoile l’artiste est Femme d’une vie orange, sa troisième création dans la série. LadyArse explique avoir enrichi cette composition par l’ajout de bijoux, après avoir exploré le maquillage dans sa deuxième œuvre.

Cette pièce s’est construite à partir de références personnelles, notamment des tenues et des accessoires issus d’un jeu de rôle auquel elle a participé. Ces  
éléments viennent nourrir l’identité du personnage représenté et participent à la construction d’un univers à la fois intime et fictionnel, propre à l’artiste.







DÉTAIL  DE L'EXPOSITION : 

La Piscine de Roubaix, ©Hacavie


Lieux : La piscine de Roubaix 
Collection temporaire 
Commissaire générale : Adèle Taillefait
Date : Du 11 Octobre 2025 au 11 Janvier 2026

Source : https://shaf.hypotheses.org/8290


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