Gazette 016 - Le Clan du Loup
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N’016 – 06 Septembre, 2026
La Gazette des Expos
MUSÉE DES BEAUX-ARTS DE MONTRÉAL
COLLECTION Temporaire
Issu des peuples Tahltan et Tlingit, Dempsey Bob appartient au clan du Loup par sa lignée maternelle. Son œuvre puise dans les récits, les chants et les traditions orales de ses ancêtres, tout en les réinterprétant avec une approche résolument contemporaine. Animaux emblématiques, figures spirituelles et créatures mythiques prennent vie dans des sculptures où le loup, l'aigle ou encore l'ours deviennent
les gardiens d'une mémoire vivante.
NOTRE AVIS : Notre avis sur cette exposition est positif. Nous avons particulièrement apprécié la qualité du parcours ainsi que la mise en valeur de chaque œuvre, qui permet de prendre le temps de les observer et d'en apprécier les nombreux détails. L'ouverture de l'exposition, avec le spectaculaire masque de canidé et la couverture cérémonielle, donne immédiatement le ton et plonge le visiteur dans l'univers de Dempsey Bob. En revanche, nous aurions aimé disposer de davantage d'informations sur l'histoire des peuples autochtones. Un cartel introductif plus développé ou un dossier de presse consacré à leur contexte historique et culturel aurait permis d'enrichir encore davantage la visite.
N’016 – 06 Septembre, 2026
Notre avis sur cette exposition est positif. Nous avons particulièrement apprécié la qualité du parcours ainsi que la mise en valeur de chaque œuvre, qui permet de prendre le temps de les observer et d'en apprécier les nombreux détails. L'ouverture de l'exposition, avec le spectaculaire masque de canidé et la couverture cérémonielle, donne immédiatement le ton et plonge le visiteur dans l'univers de Dempsey Bob. En revanche, nous aurions aimé disposer de davantage d'informations sur l'histoire des peuples autochtones. Un cartel introductif plus développé ou un dossier de presse consacré à leur contexte historique et culturel aurait permis d'enrichir encore davantage la visite.
LE CLAN DU LOUP
LE CLAN DU LOUP : L'HÉRITAGE SCULPTÉ DE DEMPSEY BOB
LE CLAN DU LOUP : L'HÉRITAGE SCULPTÉ DE DEMPSEY BOB
Le parcours rassemble des masques cérémoniels, des sculptures monumentales, des panneaux sculptés, des objets de cérémonie, mais aussi des œuvres en bronze, des gravures et des créations en métal précieux. Réalisées dans des matériaux comme le cèdre rouge, l'aulne, les coquillages ou encore le crin de cheval, ces œuvres témoignent d'un savoir- faire remarquable et d'un profond respect des matériaux naturels.
Au-delà de leur beauté, les sculptures racontent des histoires. Chaque œuvre est porteuse d'un récit lié aux peuples de la côte Nord-Ouest, à leur rapport à la nature et à la transmission des savoirs. Dempsey Bob montre que les traditions ne sont pas figées : elles évoluent, dialoguent avec le présent et continuent d'inspirer de nouvelles générations d'artistes.
À travers Le clan du loup, le Musée des beaux-arts de Montréal propose bien plus qu'une rétrospective. L'exposition est une rencontre avec une culture où l'art, la mémoire et les liens avec le vivant sont indissociables. Elle rappelle que chaque sculpture est à la fois une œuvre d'art, un récit et un témoignage de la richesse des cultures autochtones du Canada.
Le parcours rassemble des masques cérémoniels, des sculptures monumentales, des panneaux sculptés, des objets de cérémonie, mais aussi des œuvres en bronze, des gravures et des créations en métal précieux. Réalisées dans des matériaux comme le cèdre rouge, l'aulne, les coquillages ou encore le crin de cheval, ces œuvres témoignent d'un savoir- faire remarquable et d'un profond respect des matériaux naturels.
Au-delà de leur beauté, les sculptures racontent des histoires. Chaque œuvre est porteuse d'un récit lié aux peuples de la côte Nord-Ouest, à leur rapport à la nature et à la transmission des savoirs. Dempsey Bob montre que les traditions ne sont pas figées : elles évoluent, dialoguent avec le présent et continuent d'inspirer de nouvelles générations d'artistes.
À travers Le clan du loup, le Musée des beaux-arts de Montréal propose bien plus qu'une rétrospective. L'exposition est une rencontre avec une culture où l'art, la mémoire et les liens avec le vivant sont indissociables. Elle rappelle que chaque sculpture est à la fois une œuvre d'art, un récit et un témoignage de la richesse des cultures autochtones du Canada.
QUESTIONS/RÉPONSES SUR L'EXPOSITION
Qui est Dempsey Bob ?
Dempsey Bob est un sculpteur autochtone canadien, né en Colombie-Britannique. Il appartient aux peuples Tahltan et Tlingit et est reconnu comme l'un des plus grands artistes contemporains de la côte Nord-Ouest du Canada.
Pourquoi l'exposition s'appelle-t-elle Le clan du loup ?
Chez les peuples de la côte Nord- Ouest, les clans occupent une place essentielle dans l'identité des familles. Dempsey Bob appartient au clan du Loup par sa mère. Le loup est un symbole de transmission, de protection et de lien avec les ancêtres.
Les sculptures représentent-elles des animaux réels ?
Pas toujours. Certaines œuvres mêlent plusieurs animaux ou des êtres humains pour représenter des personnages issus des récits traditionnels et des croyances des peuples autochtones.
Que nous apprend cette exposition sur les peuples autochtones ?
Elle montre la richesse de leurs cultures, de leurs croyances et de leurs traditions artistiques. Elle rappelle également que ces peuples continuent aujourd'hui de faire vivre leur patrimoine tout en créant des œuvres contemporaines.
Dempsey Bob est un sculpteur autochtone canadien, né en Colombie-Britannique. Il appartient aux peuples Tahltan et Tlingit et est reconnu comme l'un des plus grands artistes contemporains de la côte Nord-Ouest du Canada.
Pourquoi l'exposition s'appelle-t-elle Le clan du loup ?
Chez les peuples de la côte Nord- Ouest, les clans occupent une place essentielle dans l'identité des familles. Dempsey Bob appartient au clan du Loup par sa mère. Le loup est un symbole de transmission, de protection et de lien avec les ancêtres.
Les sculptures représentent-elles des animaux réels ?
Pas toujours. Certaines œuvres mêlent plusieurs animaux ou des êtres humains pour représenter des personnages issus des récits traditionnels et des croyances des peuples autochtones.
Que nous apprend cette exposition sur les peuples autochtones ?
Elle montre la richesse de leurs cultures, de leurs croyances et de leurs traditions artistiques. Elle rappelle également que ces peuples continuent aujourd'hui de faire vivre leur patrimoine tout en créant des œuvres contemporaines.
Fragment d’Oeuvre
LE CLAN DES LOUPS
Loup dans la couverture d’hiver
Loup dans la couverture d’hiver
Avec Loups dans la couverture d'hiver, l'artiste tsimshian Dempsey Bob rend hommage à l'animal qui occupe une place essentielle dans les traditions des peuples de la côte Nord-Ouest du Canada. L'œuvre associe une couverture en feutre ornée de fourrure de loup à une figure peinte nommée Pauline, créant un dialogue entre sculpture, textile et mémoire culturelle. Le loup y apparaît comme un symbole de solidarité, de transmission et d'appartenance à un clan. Dans les cultures autochtones de cette région, il n'est pas seulement un animal sauvage : il incarne des valeurs de protection, d'intelligence collective et de respect du territoire.

Loup dans la couverture d’hiver, Linda Bob & Dempsey Bob,Le clan du loup, 2023, Beaux-arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur
Cette création témoigne également de la volonté de Dempsey Bob de faire vivre les savoir-faire ancestraux dans une pratique artistique contemporaine. Les matériaux naturels, les techniques artisanales et les références aux traditions orales se mêlent à une approche résolument actuelle. Présentée dans l'exposition Le clan du loup au Musée des beaux-arts de Montréal, Loups dans la couverture d'hiver invite le visiteur à réfléchir aux liens profonds qui unissent les communautés autochtones à leur environnement. L'œuvre rappelle que les objets d'art peuvent être porteurs d'histoires, d'identités et de relations spirituelles transmises de génération en génération.
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Loup dans la couverture d’hiver, Linda Bob & Dempsey Bob, Le clan du loup, 2023, Beaux-arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur |
Cette création témoigne également de la volonté de Dempsey Bob de faire vivre les savoir-faire ancestraux dans une pratique artistique contemporaine. Les matériaux naturels, les techniques artisanales et les références aux traditions orales se mêlent à une approche résolument actuelle. Présentée dans l'exposition Le clan du loup au Musée des beaux-arts de Montréal, Loups dans la couverture d'hiver invite le visiteur à réfléchir aux liens profonds qui unissent les communautés autochtones à leur environnement. L'œuvre rappelle que les objets d'art peuvent être porteurs d'histoires, d'identités et de relations spirituelles transmises de génération en génération.
Focus Scénographie
LE CLAND DU LOUP
Plonger dans l’espace

Le Clan du Loup, Dempsey Bob, 2023, Beaux-Arts de Montréal, Canada , ©Catherine François
L'exposition Le clan du loup. L'art de Dempsey Bob adopte une scénographie sobre qui laisse toute la place aux œuvres et aux matériaux utilisés par l'artiste. Les sculptures, masques, panneaux, coiffes cérémonielles et autres créations sont présentés dans un parcours épuré, où chaque pièce bénéficie d'un espace suffisant pour être observée dans ses moindres détails. Ce choix est particulièrement pertinent, car les œuvres de Dempsey Bob se distinguent par la finesse de leur sculpture, la richesse de leurs matières cèdre rouge, aulne, cuir, fourrure, coquillages, bronze et par leurs références aux traditions des peuples Tahltan et Tlingit.
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Le Clan du Loup, Dempsey Bob, 2023, Beaux-Arts de Montréal, Canada , ©Catherine François |
Le dialogue entre les œuvres : une scénographie sans vitrines envahissantes
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Le Clan du Loup, Dempsey Bob, 2023, Beaux-Arts de Montréal, Canada , ©TV Monde |
L'un des aspects les plus remarquables de la scénographie de Le clan du loup. L'art de Dempsey Bob est le choix de présenter de nombreuses œuvres dans un espace largement ouvert, où elles peuvent dialoguer entre elles sans être enfermées dans une mise en scène spectaculaire. Les sculptures sont installées sur des socles simples, suffisamment espacés pour permettre au visiteur de tourner autour d'elles et d'en apprécier chaque détail. Cette disposition met en avant la tridimensionnalité du travail de Dempsey Bob et révèle toute la richesse de ses formes sculptées.
Enfin, cette mise en scène sobre rappelle que la force d'une scénographie ne réside pas toujours dans la multiplication des dispositifs. Ici, c'est l'espace lui-même qui devient un outil de médiation. En offrant aux œuvres la possibilité de « respirer », le Musée des beaux- arts de Montréal permet au visiteur d'établir un dialogue direct avec elles, faisant de cette simplicité l'un des points forts de l'exposition.
Dans les coulisses de la scénographie
UNE SCÉNOGRAPHIE QUI MET EN VALEUR LES SAVOIR-FAIRE AUTOCHTONES
UNE SCÉNOGRAPHIE QUI MET EN VALEUR LES SAVOIR-FAIRE AUTOCHTONES
La scénographie met également en évidence le dialogue entre tradition et création contemporaine. Plutôt que de présenter les œuvres comme de simples objets ethnographiques, le parcours les traite comme des œuvres d'art à part entière. Les sculptures sont isolées afin que le visiteur puisse en faire le tour, apprécier les volumes, les textures et le travail de la lumière sur les surfaces sculptées. Cette présentation favorise une lecture attentive des formes animales et des récits qu'elles incarnent, tout en révélant la modernité du langage plastique de Dempsey Bob.
Un autre point fort de la scénographie réside dans la diversité des œuvres exposées. Les masques dialoguent avec les vêtements cérémoniels, les sculptures murales, les contenants ou encore les œuvres en bronze et en gravure. Cette alternance de formats et de techniques rythme la visite et montre l'étendue du savoir-faire de l'artiste. Elle permet également de comprendre que son travail dépasse la seule sculpture sur bois et s'inscrit dans une pratique artistique particulièrement riche.
Enfin, la scénographie accompagne le discours de l'exposition sans jamais le surcharger. Les espaces restent volontairement dégagés afin de créer une atmosphère propice à la contemplation et au respect des œuvres. Cette sobriété met en avant le caractère spirituel et symbolique des créations de Dempsey Bob, tout en invitant le visiteur à découvrir l'histoire, les traditions et la culture du Clan du Loup à travers un parcours clair, fluide et profondément respectueux des cultures autochtones.
La scénographie met également en évidence le dialogue entre tradition et création contemporaine. Plutôt que de présenter les œuvres comme de simples objets ethnographiques, le parcours les traite comme des œuvres d'art à part entière. Les sculptures sont isolées afin que le visiteur puisse en faire le tour, apprécier les volumes, les textures et le travail de la lumière sur les surfaces sculptées. Cette présentation favorise une lecture attentive des formes animales et des récits qu'elles incarnent, tout en révélant la modernité du langage plastique de Dempsey Bob.
Un autre point fort de la scénographie réside dans la diversité des œuvres exposées. Les masques dialoguent avec les vêtements cérémoniels, les sculptures murales, les contenants ou encore les œuvres en bronze et en gravure. Cette alternance de formats et de techniques rythme la visite et montre l'étendue du savoir-faire de l'artiste. Elle permet également de comprendre que son travail dépasse la seule sculpture sur bois et s'inscrit dans une pratique artistique particulièrement riche.
Enfin, la scénographie accompagne le discours de l'exposition sans jamais le surcharger. Les espaces restent volontairement dégagés afin de créer une atmosphère propice à la contemplation et au respect des œuvres. Cette sobriété met en avant le caractère spirituel et symbolique des créations de Dempsey Bob, tout en invitant le visiteur à découvrir l'histoire, les traditions et la culture du Clan du Loup à travers un parcours clair, fluide et profondément respectueux des cultures autochtones.
QUESTIONS/RÉPONSES SUR LA SCÉNOGRAPHIE
Pourquoi la scénographie est-elle aussi sobre ?
La scénographie privilégie une présentation épurée afin de laisser toute la place aux œuvres de Dempsey Bob. Les sculptures, les masques et les vêtements cérémoniels deviennent les véritables points d'attention, sans être concurrencés par des décors trop présents. Cette sobriété permet également de mettre en valeur les matériaux naturels utilisés par l'artiste.
Pourquoi peut-on faire le tour de certaines sculptures ?
Les œuvres de Dempsey Bob sont conçues en trois dimensions. Pouvoir les contourner permet de découvrir des détails invisibles de face et d'apprécier pleinement le travail de sculpture réalisé sur toutes les faces de l'objet.
Quel rôle joue l'éclairage dans cette exposition ?
L'éclairage est volontairement discret et précis. Il souligne les reliefs du bois sculpté, fait ressortir les volumes et met en valeur les différentes matières utilisées sans créer d'effet spectaculaire qui détournerait l'attention des œuvres.
Pourquoi retrouve-t-on des sculptures, des masques et des vêtements dans un même parcours ?
Cette diversité montre l'étendue du travail de Dempsey Bob. La scénographie met en dialogue plusieurs formes de création afin de faire comprendre que son œuvre dépasse la seule sculpture et s'inscrit dans une pratique artistique profondément liée aux traditions autochtones.
La scénographie privilégie une présentation épurée afin de laisser toute la place aux œuvres de Dempsey Bob. Les sculptures, les masques et les vêtements cérémoniels deviennent les véritables points d'attention, sans être concurrencés par des décors trop présents. Cette sobriété permet également de mettre en valeur les matériaux naturels utilisés par l'artiste.
Pourquoi peut-on faire le tour de certaines sculptures ?
Les œuvres de Dempsey Bob sont conçues en trois dimensions. Pouvoir les contourner permet de découvrir des détails invisibles de face et d'apprécier pleinement le travail de sculpture réalisé sur toutes les faces de l'objet.
Quel rôle joue l'éclairage dans cette exposition ?
L'éclairage est volontairement discret et précis. Il souligne les reliefs du bois sculpté, fait ressortir les volumes et met en valeur les différentes matières utilisées sans créer d'effet spectaculaire qui détournerait l'attention des œuvres.
Pourquoi retrouve-t-on des sculptures, des masques et des vêtements dans un même parcours ?
Cette diversité montre l'étendue du travail de Dempsey Bob. La scénographie met en dialogue plusieurs formes de création afin de faire comprendre que son œuvre dépasse la seule sculpture et s'inscrit dans une pratique artistique profondément liée aux traditions autochtones.
Fragment d’Oeuvre
Le Clan du Loup
Le Futé
Dempsey Bob, 1989, Aufine, fourrure,, peinture acrylique, collection particulière
Le Futé
Dempsey Bob, 1989, Aufine, fourrure,, peinture acrylique, collection particulière

Le Futé, Dempsey Bob, 1989, auxine, fourrure, peinture acrylique, collection particulière, Le Clan du Loup, Musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur
Réalisée en 1989, Le Futé est l'une des œuvres emblématiques de Dempsey Bob, artiste tahltan et tlingit reconnu pour son renouvellement de la sculpture de la côte Nord-Ouest du Canada. Sculptée en aulne et enrichie de fourrure ainsi que de peinture acrylique, cette œuvre met en scène le loup, animal omniprésent dans l'univers de l'artiste. Plus qu'une simple représentation naturaliste, le masque traduit les qualités que Dempsey Bob associe à cet animal : l'intelligence, la ruse, la solidarité et la capacité à survivre dans un environ-nement exigeant. L'artiste explique d'ailleurs entretenir un lien profond avec les loups, qu'il considère comme des êtres libres, protecteurs de leur meute et porteurs d'une grande sagesse.

Le Futé, Dempsey Bob, 1989, auxine, fourrure, peinture acrylique, collection particulière, Le Clan du Loup, Musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur
Présentée dans l'exposition Le clan du loup au Musée des beaux-arts de Montréal en 2023, Le Futé témoigne du style unique de Dempsey Bob, qui mêle les traditions autochtones aux recherches formelles contemporaines. Les formes épurées, le regard expressif et les volumes puissants donnent au masque une présence presque vivante, comme si l'esprit du loup habitait encore le bois. Cette œuvre illustre parfaitement la volonté de l'artiste de transmettre les récits, les croyances et les valeurs de son peuple tout en affirmant que ces traditions sont toujours vivantes et en constante évolution.
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Le Futé, Dempsey Bob, 1989, auxine, fourrure, peinture acrylique, collection particulière, Le Clan du Loup, Musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur |
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Le Futé, Dempsey Bob, 1989, auxine, fourrure, peinture acrylique, collection particulière, Le Clan du Loup, Musée des Beaux-Arts de Montréal, Canada, ©Photographie de l’auteur |
Le coin des découvertes
Galerie David d'Angers
Braiding Sweetgrass
Braiding Sweetgrass
Robin Wall Kimmerer, Cité de Westminster, Londres, Penguin Group, 2020, 400 pages..
Dans Braiding Sweetgrass, la botaniste et autrice Robin Wall Kimmerer tisse un dialogue entre les connaissances scientifiques et les savoirs traditionnels de la nation potawatomi. À travers une série de récits personnels, d'observations de la nature et de réflexions philosophiques, elle invite le lecteur à repenser sa relation au monde vivant. Les plantes, les animaux et les paysages ne sont plus considérés comme de simples ressources, mais comme des êtres avec lesquels l'humanité entretient une relation de réciprocité, de respect et de gratitude.
Cet ouvrage fait écho à l'exposition Le Clan du loup de Dempsey Bob, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal. Comme Robin Wall Kimmerer, Dempsey Bob s'appuie sur les savoirs et les traditions autochtones pour nourrir une création profondément contemporaine. Ses sculptures, où le loup, le corbeau, l'ours ou encore l'aigle occupent une place essentielle, rappellent que les animaux sont porteurs d'histoires, d'enseignements et de liens spirituels. Le livre et l'exposition partagent ainsi une même invitation : porter un regard plus attentif sur le vivant, reconnaître la richesse des héritages culturels autochtones et comprendre que la nature est un partenaire avec lequel il est possible de construire une relation d'équilibre plutôt que de domination.
Atanarjuat : The Fast Runner
Atanarjuat : The Fast Runner
Ce film entre en résonance avec l'exposition Le Clan du loup de Dempsey Bob, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal, car tous deux mettent en lumière la richesse des cultures autochtones canadiennes et l'importance de leur transmission. Là où Zacharias Kunuk utilise le cinéma pour faire vivre une légende ancestrale, Dempsey Bob mobilise la sculpture pour raconter les histoires, les croyances et les liens spirituels qui unissent les peuples de la côte Nord-Ouest à leur territoire et aux animaux. Ces deux démarches montrent que les traditions ne sont pas figées dans le passé : elles continuent d'inspirer des créations contemporaines qui préservent la mémoire tout en la faisant évoluer.
Haida Modern
Documentaire, 1h19, 2019
De : Charles Wikinson
Avec : Robert Davidson, Ben Davidson, Reg Davidson
Dans Haida Modern, le réalisateur Charles Wilkinson suit le parcours de l'artiste haïda Robert Davidson, figure majeure du renouveau de l'art autochtone de la côte Nord-Ouest du Canada. Le documentaire retrace son engagement pour faire revivre les pratiques artistiques traditionnelles tout en les inscrivant dans la création contemporaine. À travers son travail de sculpteur, de graveur et de peintre, Robert Davidson montre que l'art est un puissant moyen de préserver la mémoire culturelle, de transmettre les savoirs ancestraux et d'affirmer l'identité des peuples autochtones.Documentaire, 1h19, 2019
De : Charles Wikinson
Avec : Robert Davidson, Ben Davidson, Reg Davidson
Ce documentaire trouve un écho naturel avec l'exposition Le Clan du loup de Dempsey Bob, présentée au Musée des beaux-arts de Montréal. Bien que leurs univers artistiques soient propres à leurs nations respectives, Robert Davidson et Dempsey Bob partagent une même volonté : faire dialoguer les traditions autochtones avec les formes d'expression actuelles. Tous deux démontrent que les savoir-faire ancestraux ne sont pas des vestiges du passé, mais des pratiques vivantes qui continuent d'évoluer et d'inspirer de nouvelles générations. Le documentaire permet ainsi de prolonger la visite de l'exposition en offrant un regard complémentaire sur la richesse et la diversité de l'art autochtone contemporain au Canada.
Portrait d'Artiste
Jaune Quick-to-See Smith

Jaune Quick-to-See Smith, AWARE
Certaines œuvres racontent une histoire. D’autres semblent en contenir plusieurs à la fois. Chez Jaune Quick-to-See Smith, les cartes, les fragments de journaux, les animaux, les signes, les mots et les couleurs deviennent les morceaux d’une mémoire à reconstruire.
Née en 1940 à St. Ignatius, dans le Montana, sur la réserve de Flathead, Jaune Quick-to-See Smith était membre de la Confederated Salish and Kootenai Nation, et d’ascendance métisse et shoshone. Artiste, enseignante, commissaire d’exposition et militante, elle a consacré plus de cinq décennies à développer une œuvre profondément liée à son histoire et à son identité autochtones. Elle est décédée en janvier 2025, à Corrales, au Nouveau-Mexique.
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| Jaune Quick-to-See Smith, AWARE |
Certaines œuvres racontent une histoire. D’autres semblent en contenir plusieurs à la fois. Chez Jaune Quick-to-See Smith, les cartes, les fragments de journaux, les animaux, les signes, les mots et les couleurs deviennent les morceaux d’une mémoire à reconstruire.
Née en 1940 à St. Ignatius, dans le Montana, sur la réserve de Flathead, Jaune Quick-to-See Smith était membre de la Confederated Salish and Kootenai Nation, et d’ascendance métisse et shoshone. Artiste, enseignante, commissaire d’exposition et militante, elle a consacré plus de cinq décennies à développer une œuvre profondément liée à son histoire et à son identité autochtones. Elle est décédée en janvier 2025, à Corrales, au Nouveau-Mexique.
Peinture, dessin, gravure, collage, sculpture : Jaune Quick-to-See Smith n'a jamais cherché à se limiter à une seule technique. À partir des années 1970, elle commence notamment à se faire connaître par la peinture et l'estampe, avant d'intégrer progressivement le collage et les techniques mixtes à son travail.
Ses œuvres peuvent alors devenir de véritables surfaces de mémoire. Elle superpose des images, des morceaux de textes, des tissus, des signes et des références issues aussi bien de l'histoire de l'art occidental que des traditions et de la culture autochtones.
Cette rencontre entre différents langages artistiques est essentielle dans son travail. Smith s'est notamment intéressée à l'abstraction, au Pop art et au néo-expressionnisme, tout en les réinterprétant à partir de sa propre culture et de sa propre expérience.
Jaune Quick-to-See Smith
LA CARTE COMME TERRITOIRE DE MÉMOIRE
L'un des motifs les plus reconnaissables de son Oeuvre est la carte des États-Unis.
Mais chez Smith, une carte n'est jamais simplement une représentation géographique. Elle devient un territoire chargé d'histoire, de conflits, de déplacements et de mémoire.
Elle commence à réaliser ses propres cartes des États-Unis en 1996. L'artiste y introduit des textes, des images et des références qui viennent perturber la représentation traditionnelle du territoire américain. Dans Adios Map (2021), par exemple, le mot « goodbye » apparaît sous différentes formes à travers une carte du pays. La National Gallery of Art explique que Smith considère cette carte comme celle d'une terre volée, d'un génocide et d'une histoire américaine longtemps tue.
Le territoire devient ainsi une sorte de palimpseste : sous l'image officielle d'un pays se cachent d'autres histoires, celles de peuples présents sur ces terres bien avant la création des États-Unis.FAIRE APPARAÎTRE CEUX QUE L'HISTOIRE A EFFACÉS
L'un des combats de Jaune Quick-to-See Smith est justement celui de la visibilité.
Dans ses cartes, elle introduit des coupures de journaux et des textes afin de rappeler que les peuples autochtones ne sont pas seulement une population appartenant au passé. Ils vivent, travaillent, créent et participent pleinement à la société contemporaine.
Son art s'intéresse ainsi aux représentations stéréotypées des peuples autochtones, mais également à des questions beaucoup plus larges : le racisme, la destruction de l'environnement, la guerre, le colonialisme, l'exploitation des territoires et la manière dont l'histoire est racontée.
Pour aborder ces sujets, Smith n'utilise pas uniquement la confrontation. L'humour et l'ironie occupent une place importante dans son travail. Ils lui permettent de retourner certains clichés contre ceux qui les ont construits.
LA CARTE COMME TERRITOIRE DE MÉMOIRE
Mais chez Smith, une carte n'est jamais simplement une représentation géographique. Elle devient un territoire chargé d'histoire, de conflits, de déplacements et de mémoire.
Elle commence à réaliser ses propres cartes des États-Unis en 1996. L'artiste y introduit des textes, des images et des références qui viennent perturber la représentation traditionnelle du territoire américain. Dans Adios Map (2021), par exemple, le mot « goodbye » apparaît sous différentes formes à travers une carte du pays. La National Gallery of Art explique que Smith considère cette carte comme celle d'une terre volée, d'un génocide et d'une histoire américaine longtemps tue.
Le territoire devient ainsi une sorte de palimpseste : sous l'image officielle d'un pays se cachent d'autres histoires, celles de peuples présents sur ces terres bien avant la création des États-Unis.
FAIRE APPARAÎTRE CEUX QUE L'HISTOIRE A EFFACÉS
Dans ses cartes, elle introduit des coupures de journaux et des textes afin de rappeler que les peuples autochtones ne sont pas seulement une population appartenant au passé. Ils vivent, travaillent, créent et participent pleinement à la société contemporaine.
Son art s'intéresse ainsi aux représentations stéréotypées des peuples autochtones, mais également à des questions beaucoup plus larges : le racisme, la destruction de l'environnement, la guerre, le colonialisme, l'exploitation des territoires et la manière dont l'histoire est racontée.
Pour aborder ces sujets, Smith n'utilise pas uniquement la confrontation. L'humour et l'ironie occupent une place importante dans son travail. Ils lui permettent de retourner certains clichés contre ceux qui les ont construits.
Jaune Quick-to-See Smith
UNE ŒUVRE ENTRE PASSÉ ET PRÉSENT
Ce qui rend le travail de Jaune Quick-to-See Smith particulièrement intéressant est peut- être cette capacité à faire dialoguer plusieurs temporalités.
Le passé est présent dans les symboles, les traditions et les histoires de son peuple. Le présent apparaît à travers les journaux, les images contemporaines et les problématiques politiques. Quant au futur, il se dessine dans les questions environnementales et dans la volonté de transmettre une mémoire aux générations suivantes.
En 2023, le Whitney Museum of American Art lui consacrait Memory Map, la première rétrospective new-yorkaise de son œuvre. L'exposition réunissait près de cinq décennies de dessins, estampes, peintures et sculptures. Elle mettait notamment en évidence la manière dont l'artiste utilise la cartographie, l'histoire, l'environnement et la mémoire personnelle et collective pour questionner le récit dominant de l'histoire américaine.
Son œuvre nous invite finalement à regarder les cartes autrement. Que voyons-nous lorsque nous regardons un territoire ? Et surtout, quelles histoires ne voyons-nous pas ?
Avec Jaune Quick-to-See Smith, une carte devient une œuvre, une œuvre devient une archive, et l'art devient un moyen de faire réapparaître des voix que l'histoire a trop longtemps laissées en marge.
UNE ŒUVRE ENTRE PASSÉ ET PRÉSENT
Le passé est présent dans les symboles, les traditions et les histoires de son peuple. Le présent apparaît à travers les journaux, les images contemporaines et les problématiques politiques. Quant au futur, il se dessine dans les questions environnementales et dans la volonté de transmettre une mémoire aux générations suivantes.
En 2023, le Whitney Museum of American Art lui consacrait Memory Map, la première rétrospective new-yorkaise de son œuvre. L'exposition réunissait près de cinq décennies de dessins, estampes, peintures et sculptures. Elle mettait notamment en évidence la manière dont l'artiste utilise la cartographie, l'histoire, l'environnement et la mémoire personnelle et collective pour questionner le récit dominant de l'histoire américaine.
Son œuvre nous invite finalement à regarder les cartes autrement. Que voyons-nous lorsque nous regardons un territoire ? Et surtout, quelles histoires ne voyons-nous pas ?
Avec Jaune Quick-to-See Smith, une carte devient une œuvre, une œuvre devient une archive, et l'art devient un moyen de faire réapparaître des voix que l'histoire a trop longtemps laissées en marge.














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